À la Une: présidentielle en France, la campagne officiellement ouverte

À la Une: présidentielle en France, la campagne officiellement ouverte



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La France a connu un week-end politique digne de ce nom. Tous les candidats ou presque étaient sur le pont hier, dimanche de printemps. Dans son édito, Le Figaro se félicite de « la vitalité de la démocratie : Alors qu’une forte abstention pourrait marquer le premier tour de la présidentielle dans 13 jours, sans doute voulaient-ils faire mentir les sondages… et montrer, du Trocadéro à Paris, à la plage du Prado à Marseille, qu’ils attirent les foules, déchainent les applaudissements et suscitent encore l’espoir d’autres lendemains. »

Le journal qui se réjouit, « après des mois de campagne éprouvants et des passages à vide pour chacun des prétendants, de voir cette détermination à vouloir convaincre… »

Dernière ligne droite donc, avant le premier tour, « tandis que dans les enquêtes d’opinion l’écart se réduit entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, que Valérie Pécresse et Éric Zemmour ne parviennent pas à remonter la pente, quand Jean-Luc Mélenchon, lui, connait une petite dynamique ».

Effervescence des meetings politiques et risque d’abstention

Libération  interroge des Français qui ont choisi ne pas ou plus mettre de bulletin dans l’urne… « L’objectif : comprendre les raisons d’une démobilisation annoncée », prédit le journal. Selon un récent sondage, un électeur sur trois n’a pas l’intention d’aller voter dans deux semaines.

Libération nous emmène par exemple à Oyonnax rencontrer Mikaël  « Il n’y en a pas un qui nous intéresse, ils ne servent à rien, ne font rien, lâche le jeune homme. J’ai voté Nicolas Sarkozy, François Hollande, Emmanuel Macron, et qu’est-ce que ça a changé ? S’interroge-t-il ».

À Nice cette fois, Libération nous présente Fabien qui a déjà voté dans sa vie, mais qui ne se souvient plus de son dernier passage dans l’isoloir : « Je n’irai pas voter. Ne pas voter, c’est déjà une réponse. J’espère que le parti de l’abstention fera 100%. Notre pouvoir, il est là ».

Il y a aussi ceux qui considèrent que l’élection est jouée d’avance, à l’image d’Éric, 57 ans, près de Bordeaux : trop déçu par la gauche de Mitterrand, il ne vote plus. « Tout ça ne sert à rien. On sait déjà qu’Emmanuel Macron va l’emporter. S’il est réélu, ça va être terrible, prédit-il, on l’a déjà vu œuvrer avec les gilets jaunes. »

Un résultat qui semble connu d’avance, cela motive moins

C’est l’avis de Bruno Cautrès, du centre de recherches politiques de Sciences-Po. Le chercheur, dans Libération, estime que « la seule incertitude de cette élection semble être : contre qui Emmanuel Macron sera-t-il au second tour ? ou contre qui va-t-il gagner ? »

Bruno Cautrès qui assure tout de même que cette abstention attendue résulte de ressorts classiques. « Ce sont les catégories populaires, les plus jeunes, les plus précaires les plus éloignés de l’emploi qui n’iront pas voter. Il y a donc des raisons sociologiques à cette abstention. Mais le contexte particulier du scrutin fait que d’autres facteurs jouent sur la faible participation attendue : la guerre en Ukraine qui éclipse les débats et l’épidémie de Covid toujours là. »

Des artistes qui refusent de s’engager

« Ces artistes qui fuient la campagne », lance en Une le ParisienContrairement à ce qui a pu se passer lors des précédentes élections, les personnalités de la musique, du cinéma ou de la scène sont peu nombreuses à avoir officiellement apporté leur soutien aux candidats en campagne. L’actrice et réalisatrice Agnès Jaoui s’exprime dans les colonnes du quotidien : « La campagne électorale est particulièrement délétère. Il y a une montée de l’intolérance et une course au plus raciste à laquelle il était important de réagir collectivement (un concert pour célébrer La France enchantée et organisée ce soir à Paris). Mais Agnès Jaoui poursuit : se positionner politiquement, je ne le ferai plus. Je l’avais fait pour Lionel Jospin, quand il avait peu de chance d’être élu. Et c’est plus néfaste que productif ».

Le comédien et réalisateur Philippe Lellouche ne mâche pas ses mots : « comme tout citoyen, ça a pu m’effleurer, mais la difficulté c’est la bêtise des réseaux sociaux. Prendre position c’est s’exposer à “un bâchage” en règle ».



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Author: Shirley