Macron descend dans l’arène de la présidentielle

Macron descend dans l’arène de la présidentielle



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Alors que le nombre de contaminations au Covid-19 a dépassé les 330 000 ces dernières 24 heures en France, l’exécutif ne prend plus de pincettes avec les 10% de Français récalcitrants au vaccin. En affirmant au journal Le Parisien que sa stratégie, avec le passe vaccinal, est « d’emmerder les non-vaccinés », le président Emmanuel Macron force ses rivaux à se positionner et se jette dans le bain de la campagne présidentielle.

C’est une descente fracassante dans l’arène de la campagne présidentielle. Avec ses déclarations outrancières contre les non-vaccinés, qui ont fait l’effet d’une bombe politique en France, le chef de l’État attire toute la lumière et écrase le débat.

D’ailleurs les oppositions ne s’y trompent pas. Pour le député communiste Sébastien Jumel, Emmanuel Macron devient, de fait, candidat. « En prononçant ces mots forts, Emmanuel Macron a décidé d’entrer en campagne, il n’est plus le président de tous les Français, il est le président d’un camp, d’un clan », tacle l’élu de Normandie. « C’est une stratégie pour entrer en campagne », acquiesce l’ancien macroniste, aujourd’hui écologiste, Matthieu Orphelin.

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Le « parler-vrai »

Pas plus candidat qu’hier, se défend la majorité. Pour le député de La République en marche (LaREM) Ludovic Mendes, le président a simplement choisi le parler-vrai. « C’est une déclaration choc, mais pas choquante. Ce sont des propos dits souvent par des soignants, par une partie de la population », assure le parlementaire avant de faire référence aux non-vaccinés « qui bloquent des hôpitaux et des services de santé » dont auraient besoin « d’autres malades ». « Il a peut-être dit tout haut ce que beaucoup de personnes pensent tout bas », ajoute-t-il.

Du Trump ou du Zemmour dans le texte ? « On en est loin », rétorque le marcheur, « parce que nous, on ne divise pas, on n’insulte pas ». Une question à poser à cinq millions de Français non-vaccinés.

 

Un calcul électoral

Probablement convaincu que les récalcitrants au vaccin ne voteront pas pour lui, Emmanuel Macron se pose comme le chef de file des citoyens « responsables », devant la candidate de la droite Valérie Pécresse, dont la position face à la crise sanitaire a été brouillée ces derniers jours, notamment par le vote dispersé des députés LR sur le passe vaccinal.

Le président français réactive aussi, au passage, le duel avec ceux qu’il appelle « les extrêmes », de droite et de gauche : Marine Le Pen, Éric Zemmour et Jean-Luc Mélenchon, qui critiquent le passe vaccinal et seraient des rivaux moins dangereux pour lui lors d’un éventuel second tour en avril prochain.

En somme, en ostracisant les non-vaccinés, Emmanuel Macron oblige ses rivaux à la présidentielle à choisir leur camp. Quitte à, eux aussi, tomber dans la caricature.

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Author: Shirley