France

Primaire populaire, le grand bluff



Publié le :

Dans deux semaines sera révélé le ou la vainqueur de la Primaire populaire. Un vote électronique qui pourrait rassembler plusieurs centaines de milliers de participants. Objectif, désigner parmi une dizaine de personnalités politiques, celui ou celle la plus à même de représenter la gauche à la présidentielle. Les organisateurs espéraient en faire l’outil d’une candidature unique pour l’Élysée, mais ce ne sera pas le cas, car la plupart des poids lourds inscrits ont refusé les termes de la consultation à l’exception de Christiane Taubira. Mais cela ne veut pas dire que les différents partis seront aux abonnés absents.

C’est une grande partie de poker menteur qui est lancée. Officiellement, Jean-Luc Mélenchon l’a dit et redit, il veut qu’on le laisse tranquille avec les histoires d’union de la gauche auxquelles il ne croit pas. Yannick Jadot rappelle tous les jours ou presque qu’il est déjà passé par un vote pour être le candidat écologiste. Et son refus a poussé Anne Hidalgo à renoncer également, après avoir pourtant passé un mois à plaider la cause de la primaire.

Ces candidats, inscrits dans la primaire populaire parce qu’ils ont été parrainés par des soutiens, disent donc « merci mais non merci ». Sauf que les organisateurs vont les maintenir dans les choix possibles pour éviter notamment un désintérêt des participants qui n’auraient plus le choix qu’entre Christiane Taubira et des candidats de second ordre comme le député européen Pierre Larrouturou.

Un maintien des candidatures qui change la donne

Dans les camps Jadot, Mélenchon et surtout Hidalgo, personne n’a envie de voir son candidat réaliser un score ridicule, même si officiellement, les résultats ne seront pas pris en compte.

Et c’est là que le bluff commence. Insoumis, Écologistes et Socialistes ne peuvent bien sûr pas donner de consigne de vote, ce serait reconnaître la légitimité de la primaire populaire. Mais ça ne veut pas dire que les militants ne vont pas s’engager pour leur champion. Parmi les personnes inscrites pour voter, des milliers viennent d’ailleurs des formations politiques non participantes.

C’est notamment le cas au Parti socialiste, car Anne Hidalgo risque d’être encore plus affaiblie si elle fait un très mauvais score et que dans le même temps Christiane Taubira, qui lui dispute le vote social-démocrate, est, elle, plébiscitée. Certains cadres du PS avouent donc espérer une mobilisation des électeurs socialistes.

Le camp Taubira confiant

De leur côté, les écologistes estiment ne pas être en concurrence directe avec Christiane Taubira. Et les Insoumis s’appuient sur la popularité de Jean-Luc Mélenchon à gauche pour espérer qu’il figure en bonne place. Mais ça ne veut pas dire que leurs sympathisants vont ignorer le vote. Dans les rangs de la Primaire populaire, certains jugent que rien n’est joué pour Christiane Taubira et que les résultats pourraient être plus serrés que prévu. Du côté de l’équipe de l’ancienne ministre de la Justice, on est toutefois confiant et l’on ne croit pas à un noyautage du vote par les camps Jadot, Hidalgo et Mélenchon. Réponse le 30 janvier, date du résultat de cette primaire populaire.

Les votants doivent en effet classer leurs candidats préférés et c’est celui ou celle qui obtiendra le plus de points qui sera désigné vainqueur. Ce vote préférentiel, c’est l’une des raisons pour laquelle Anne Hidalgo a finalement préféré renoncer, car il lui aurait été difficile de rivaliser avec la popularité de Christiane Taubira toutes tendances de gauche confondues. 



Source link

Related Articles

Leave a Reply

Your email address will not be published.

Adblock Detect

Turn Off Ad Blocker